Rachel Esmoris Mezzo-soprano

Effervescences

L’album

Avec Effervescences, j'ai souhaité pénétrer au cœur de l'âme humaine. Les émotions subtiles qui trouvent une voie d'expression dans un art double — la poésie des grands auteurs mise en musique par de remarquables compositeurs — constituent une source inépuisable de recherche, d'épanouissement artistique et personnel pour moi. Le choix de mon pianiste a été essentiel pour révéler les couleurs de ces mélodies. C’est grâce à Rié Hamada, avec qui je suis honorée de chanter le temps de deux duos, que nous nous sommes rencontrés. Jungi a immédiatement exprimé son intérêt pour le projet. Son toucher sensible, son intelligence musicale et son savoir ont grandement contribué à cette aventure humaine. Dès le premier contact, la magie a opéré et notre association artistique a forgé un pont entre l'Asie et l'Occident, venant souligner l'universalité de la musique présentée ici.

 

Entre Asie et Occident

Au XIXe siècle, la musique accède enfin au rang d'art à part entière. Ses artisans, devenus artistes, trouvent dans le Romantisme un espace d'expression plus vaste et empreint de liberté, articulé autour de l'émotion, traduisant l'intériorité de l'être. Ainsi, la musique se teinte au fil des cultures et des pays, des personnalités et des sensibilités — mélancolie allemande, élégance française, feu espagnol. Ces tableaux de l'âme humaine, aux mille couleurs subtiles, ont toujours exercé une grande fascination sur Rachël, par la richesse musicale et leur brièveté intense. Sa rencontre avec Jungi Mitsuishi donne lieu à une véritable effervescence entre fougue latine et délicatesse japonaise, une convergence de l'Asie et de l'Occident qui sied à merveille à ce répertoire, tout en soulignant son universalité.

 

Brahms, Schumann et Schubert

Le répertoire romantique allemand est représenté par trois grands maîtres du genre — Brahms, Schumann et Schubert. « Von ewiger Liebe » est la première mélodie de Vier Gesänge, op. 43, de Brahms. C'est une pièce aux atmosphères tranchées : paysage d'abord sombre et obscur où se dessine bientôt le village, égayé par l'évocation de l'alouette qui annonce l'arrivée de la douceur, et qui se conclut en apothéose amoureuse. « In der Fremde », de Schumann, première pièce du cycle Liederkreis, op. 39, présente un climat plus égal et serein où l'on aborde une thématique délicate — le compositeur contemple l'idée de la mort, et c'est par la réminiscence de ses parents disparus qu'il accepte la fin de sa propre existence. « Du bist die Ruh » de Schubert, troisième pièce de l'op. 59 publié en 1826, dépeint un paysage d'une simplicité charmante, articulé autour d'une même idée — l'amour —, avec une infinité de détails qui contribuent au sentiment de profonde religiosité et de méditation sur un tempo lent.

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Gabriel Fauré et les grands poètes

Gabriel Fauré est considéré comme le maître de la mélodie française ; tout son art réside dans l'élégance, la finesse et la grâce inspirée de ses mélodies et de sa musique, qu'il a su mettre au service des grands poètes de son temps — Victor Hugo, Sully-Prudhomme, Paul Verlaine, entre autres. Composée sur un poème de Verlaine, « C'est l'extase » est la cinquième mélodie de l'op.58 publié en 1891. Le compositeur confère un certain équilibre au texte tourmenté du poète tout en ayant recours aux contretemps, créant ainsi un léger décalage sur le plan rythmique entre la voix et le piano. Il en résulte un sentiment de dialogue entre les deux instruments qui permet d'exprimer le rapport amoureux et duel, fondu dans le paysage, des deux amants. « Dans les ruines d'une abbaye », mélodie de l'op. 2 sur un texte de Victor Hugo, est un appel à la mémoire et l'imagerie très évocatrice fait renaître sous nos yeux une époque révolue et surannée. La pièce a été écrite pendant la première période compositionnelle de Fauré, et s'il se révèle déjà très mûr, sa musique est encore empreinte de légèreté et d'insouciance. « Le papillon et la fleur », également sur une poésie de Hugo, est la première des deux mélodies de l'op. 1 publié en 1869. Cette allégorie enfantine et légère aborde en réalité une thématique plus grave et douloureuse — l'infidélité — ici chantée avec une grande gaieté. « Les berceaux », op. 23, sur un texte de Sully-Prudhomme, transmet une impression de grande sérénité. C'est une contemplation calme où la ligne de piano, régulière, rappelle le doux mouvement de la houle qui berce les bateaux au port, soutenue par la ligne vocale fluide et poétique. La première mélodie de l'op.10, « Puisqu'ici bas toute âme », à nouveau sur un texte de Victor Hugo, est présentée en duo avec la soprano Rié Hamada. Le piano et les voix se complètent magnifiquement dans la représentation de l'univers. Le piano, terrestre, incarne la dimension charnelle, physique, avec une ligne très mécanique qui permet au compositeur d'élaborer une toile sonore soyeuse où la mezzo et la soprano se rencontrent, amenant ainsi la dimension spirituelle du texte tout en prolongeant le sentiment de complétude et d'entente universelle, toujours avec cette modestie si caractéristique de Fauré.

 

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Un voyage musical dans les contrées hispaniques

Les Siete canciones populares españolas de Manuel de Falla sont un cycle datant de 1914. Les courtes scènes quotidiennes et typiques, dépeintes avec tendresse et humour, prennent vie ici dans la voix généreuse de la mezzo où flamboient le soleil, la joie de vivre et les couleurs de l'Espagne. Le voyage musical en contrées hispaniques se poursuit avec le célèbre personnage éponyme de l'opéra de Bizet créé en 1875, Carmen, où la complexité des sentiments humains est à son comble chez cette cigarière rebelle, à la féminité paradoxalement masculine. Dans la « Séguedille » et la « Habanera » — airs solaires, à l'origine écrits par Bizet pour une voix de mezzo léger, qui retrouvent ici toute leur couleur et leur authenticité — l'interprète renoue avec ses racines espagnoles et met son feu intérieur au service de la fougueuse bohémienne.

 

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Le “Duo des fleurs”, un dialogue tout en finesse

Cette odyssée romantique s'achève avec l'un des plus beaux duos de l'opéra, « le duo des fleurs », chanté au premier acte de Lakmé de Léo Delibes. Lakmé et sa servante Malika vont cueillir des fleurs dans un paysage idyllique. L'écriture limpide du compositeur, fin connaisseur de la voix, fait écho aux images du livret — la barque, le ruisseau, les oiseaux — recréant toutes les ondes pour les confier aux deux voix en communion. L'enchevêtrement et la complétude des deux lignes vocales créent un dialogue vaporeux et vibratoire où se révèlent peu à peu les facettes irisées d'un diamant pur.

 

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Effervescences, l’album

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